jeudi 7 août 2008

Actes 3,11 à 26

Texte biblique :

Pierre, voyant cela, dit au peuple : Hommes Israélites, pourquoi vous étonnez–vous de cela ? Pourquoi avez–vous les regards fixés sur nous, comme si c’était par notre propre puissance ou par notre piété que nous eussions fait marcher cet homme ? Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous avez livré et renié devant Pilate, qui était d’avis qu’on le relâchât. Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accordât la grâce d’un meurtrier. Vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts ; nous en sommes témoins. C’est par la foi en son nom que son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez ; c’est la foi en lui qui a donné à cet homme cette entière guérison, en présence de vous tous. Et maintenant, frères, je sais que vous avez agi par ignorance, ainsi que vos chefs. Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu’il avait annoncé d’avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souffrir. Repentez–vous donc et convertissez–vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus–Christ, que le ciel doit recevoir jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes. Moïse a dit : Le Seigneur votre Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi ; vous l’écouterez dans tout ce qu’il vous dira, et quiconque n’écoutera pas ce prophète sera exterminé du milieu du peuple. Tous les prophètes qui ont successivement parlé, depuis Samuel, ont aussi annoncé ces jours–là. Vous êtes les fils des prophètes et de l’alliance que Dieu a traitée avec nos pères, en disant à Abraham : Toutes les familles de la terre seront bénies en ta postérité. C’est à vous premièrement que Dieu, ayant suscité son serviteur, l’a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités.

Réflexion

Discours de Pierre dans le temple :

Le boiteux guéri, le support fut tout trouvé pour les apôtres pour témoigner de Jésus et annoncer l’Evangile. La mort de Jésus étant toute récente et les auditeurs étant juifs, c’est un discours destiné au peuple naturel de Dieu que Pierre prononça ce jour dans la cour même du Temple. Un discours que l’on peut résumer en 7 points :

1) D’emblée, Pierre met les choses au point. Devenu un point d’attraction pour le peuple, à cause du miracle qui venait de se produire, Pierre n’a qu’un souci : détourner les regards de ceux qui l’entourent de sa propre personne (et de celle de Jean) pour les centrer sur le véritable auteur du prodige : Jésus. Deux points essentiels apparaissent ici dans le discours et la façon d’agir de Pierre :

- sans point d’accroche fort, il n’ y aurait eu aucune attraction de la foule vers Pierre. Le miracle, la manifestation concrète de la puissance transformatrice de Dieu dans une vie a été, de toute évidence ce point d’accroche qui servira de tremplin à la prédication.
- Pierre tient à faire savoir que lui-même et Jean ne sont pour rien dans la guérison du boiteux. Ce n’est ni par leur propre puissance, ni en vertu de leur piété que l’homme a été guéri. La part qui est la leur est la seule part de la foi. Mais le véritable Auteur est Jésus.

2) S’adressant à des juifs, c’est aux racines même de l’élection que Pierre remonte pour fonder le témoignage qu’Il rend à Jésus. Son objectif est de démontrer que Jésus n’est pas un usurpateur, mais bien le Messie promis et annoncé dès l’origine par Moïse et les prophètes. Leçon : c’est sur le terrain connu de nos auditeurs que nous pouvons le mieux ancrer notre message et les amener à Jésus.

3) Pierre n’hésite pas ensuite à responsabiliser ceux qui l’écoutent quant aux causes de la mort de Jésus. L’utilisation répétée du "vous" interpelle et accuse. Leçon : sans une prise de conscience personnelle de notre responsabilité dans la mort de Jésus-Christ, notre message manque de la puissance de conviction nécessaire à la repentance et au salut.

4) Pierre démontre ensuite que, par la résurrection, Dieu a déclaré juste Celui que ses auditeurs ont condamné. Par là, Il justifie Jésus et condamne ceux qui L’ont condamné. Le miracle qui vient de se produire donne la preuve visible de la réalité de ce qu’il avance au sujet de Jésus.

5) Pierre termine sa prédication par une notre d’espoir. Ce qui s’est produit au sujet de Jésus n’était pas hors de portée du projet de Dieu. Les prophètes avaient annoncé dans les détails ce qui devait arriver au Christ. La mort de Jésus n’est pas que le fait des hommes, elle fait partie intégrante du plan de salut de Dieu.

6) Pierre interpelle une dernière fois ses auditeurs. Les choses étant ce qu’ils sont, il les invite à une double action : la repentance à l’égard du passé et la foi dans le pardon et la grâce donnée de la part de Dieu au travers de la mort de son Christ pour l’avenir. Leçon : sans repentance en ce qui concerne le passé, la foi en Christ pour son salut n’a aucun sens.

7) Pierre rappelle enfin la responsabilité personnelle d’Israël liée à son privilège de peuple élu. Israël est dans le coeur de Dieu le premier peuple à bénéficier du salut. la promesse est d’abord pour eux. Il serait tragique qu’en tant que peuple élu, bénéficiaire des promesses de Dieu, un Dieu qui s’identifie en portant le nom de ses pères, Israël se détourne du sauveur qui lui a été envoyé. Leçon : plus nous sommes au bénéfice de privilèges spirituels, plus nous sommes responsables de notre attitude à l’égard de Dieu et de Sa Parole.

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